Rester petits

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Le constat : des ruptures de stock.

Thomas Liorac est une toute petite entreprise. Pour être exact, nous sommes deux : En gros, Marguerite fabrique les peignes, et Grégoire les vend. Fréquemment, nous traversons des périodes de rupture de stock. Cela signifie que nous ne parvenons pas à fabriquer autant de peignes que demandés. C'est bien sûr une bonne nouvelle car cela signifie que nous ne manquons pas de travail ! Mais c'est aussi frustrant, pour nous et évidement pour les clients. Nous ne vendons que les peignes fabriqués dans notre atelier. Ce serait une illusion de croire que dans un modèle artisanal, l’abondance de type supermarché est possible.

Travailler plus pour gagner plus ?

Bien sûr, la première solution consisterait à travailler encore plus. Mais nous travaillons déjà beaucoup. Cela rognerait sur le temps consacré à la vie familiale, à notre vie sociale et citoyenne, le temps que nous consacrons au jardin, aux poules, à couper du bois... Nous voulons préserver cet équilibre entre la vie professionnelle, la vie familiale, amicale, culturelle, et l'économie vivrière. Ainsi notre vie n'est pas à 100% marchande (gagner sa vie, puis consommer). Nous gagnons de quoi vivre simplement, élever nos enfants, c'est suffisant. A quoi bon accumuler ? A quoi bon vouloir se payer des loisirs lointains ou excitants ? Quelles sont les conséquences d'une telle course ?

Embaucher des salariés ?

Nous avons déjà eu des salariés. Avoir des salariés implique une grande astreinte et des responsabilités stressantes. Ce n'est pas pour nous. Et pour fournir du travail à tout le monde, cela implique de doubler, tripler le nombre de clients. Cela implique de consacrer beaucoup de temps à former les salariés (à un savoir-faire très rare et complexe), à les "manager" au détriment de la production elle-même. Cela engendre des rapports de force qui empêchent les uns et les autres de dormir... Finalement, comme beaucoup d'artisans, nous sommes parvenus au constat que nous gagnions moins bien notre vie avec des salariés que sans. Pourquoi vouloir toujours grossir ? Courir après quoi ? La reconnaissance ? La fortune ?

Les avantages de rester petits.

Nous aimons travailler à deux. Cela nous donne beaucoup de liberté et de sérénité dans nos choix et notre organisation. Cette liberté, nous en bénéficions, mais nos clients aussi. Bien sûr, rester petits engendre des contraintes. Mais cela nous permet de mettre la priorité sur la qualité des produits et services. Nous fabriquons à la main selon la capacité de la main. Ralentir, donner du sens et de l'attention à nos actions, à nos relations... Pourquoi vouloir toujours aller vite et bâcler ? Pourquoi rogner sur la qualité, ou mentir aux clients sur la provenance ?

Vaut mieux un petit chez soi qu'un grand chez les autres?

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